J’ai remarqué que beaucoup de personnes se mettent entre parenthèse au moment où ils donnent naissance à un enfant.
Ce n’est pas mon envie, ni ma vision des choses, et pourtant… je doit dire qu’involontairement je suis mise entre parenthèses.
J’avoue avoir l’impression de ne plus exister parfois, surtout pour les autres. Depuis mon accouchement, je ne reçoit pas moins d’appels téléphoniques, mais les personnes qui appellent ne sont intéressées que par mon fils, demandent de ses nouvelles, ce que je comprend, mais moi? Je ne compte plus, les gens ne me demandent pas si je vais bien, si je tiens le coup, si je m’en sort, si je ne suis pas trop fatiguée.
Et sans parler des autres, à la maison je n’ai plus le temps de rien faire, ou pas le courage de faire ce que je pourrai à cause de la fatigue. Maquillage, coiffure, épilation, petits soins… tout ça n’a plus l’air d’être à ma portée. Et pourtant, je ne suis pas du genre très coquette, mais le peu que je fesai d’habitude, je ne le peux plus.
C’est pour dire, ça fait une semaine que je n’ai pas fait la vaisselle, deux semaines pour le ménage, je fait des lessives, parce que pas le choix, mais pas le temps de plier le linge et le ranger dans l’armoire.
Déjà que je n’ai pas le temps de dormir… comment pourrais-je faire tout le reste?
J’ai besoin de souffler, de respirer, mais surtout, d’avoir l’impression d’exister au delà de mon rôle de mère, après tout je suis une femme avant tout non?
Pour le moment, j’ai l’impression de n’être que ce qu’on appel vulgairement “une vache à lait” et de n’avoir aucune autre utilité. Quand on est fatiguée, à bout de force mais surtout de nerfs, ça fait mal de se dire qu’on ne sert à rien à part nourrir son fils…
J’ai lu un article il y a quelques temps, des conseils pour les jeunes mamans afin de tenir le coup. Je me souviens d’un passage en particulier où il était dit qu’il ne fallait pas hésiter à solliciter de l’aide auprès de nos proches pour nous soulager un peu, ne pas se sentir coupable de profiter des grand-mères et de leur expérience… Je veux bien moi, mais si personne ne viens me tendre la main, comment pourrais-je en profiter? Pour vous dire, depuis mon retour de la maternité, je n’ai reçu que 2 visites… ma mère les deux fois (qui m’a gonflé d’ailleurs). Elle-même quand elle me téléphone c’est “comment va mon petit fils? il tète bien? il dort bien, il va bien?”… et sa fille, si elle va pas bien elle s’en fou royallement. Mon père pareil, ça fait une semaine que je n’ai pas de nouvelles… à savoir qu’il habite à 5 minutes de chez moi, et qu’il n’est jamais passé me voir depuis mon accouchement, c’est à chaque fois moi qui vais chez lui, alors que j’aimerai mieux rester chez moi, même en recevant du monde.
Personne ne se propose de m’aider, de me soulager, j’aurai du mal à en profiter.. et pourtant j’aimerai pouvoir le faire.
Je dirai juste merci à Alphonse, qui lui, à l’inverse des autres, prend de MES nouvelles et très peu de celles de mon fils, ça fait du bien de voir qu’on existe encore pour une personne.
Alphonse Dit:
on 7 août 2008 at 18:14
C’est ce que je pensais en lisant ton article : je demande rarement, voir jamais, des nouvelles de ton fils.
Je pars du principe que vous vous en sortez… et pis je le connais pas lui… que toi si
Donc je suis plus intéressé de savoir comment tu vas toi